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Amélioration Génétique Dès nos débuts en 1977 nous avons mis sur pied un programme d'amélioration génétique. Le contexte d'alors faisait que les stocks d'abeilles qui étaient couramment utilisés au Québec venaient tous de l'extérieur et correspondaient mal aux besoins de la production canadienne. Ces abeilles étaient très essaimeuses, souvent plus prolifiques que productives, affrontaient mal les longs hivers québécois et étaient sujettes à plusieurs maladies. Nous voulions développer une abeille mieux adaptée et plus "rentable" pour l'apiculteur québécois. Nous voulions une abeille qui produise mieux, qui reste dans les ruches, qui survive bien et se développe bien avec un minimum d'intervention de la part de l'apiculteur. Nos premiers efforts ont été tournés vers l'élimination de l'essaimage et vers l'amélioration de la rusticité. Dès les premières années nous avons aussi sélectionné en fonction de la résistance au couvain plâtré qui constituait une véritable plaie à ce moment. Souvent le simple fait de secouer un cadre de couvain provoquait un cliquetis tellement les larves momifiées étaient nombreuses! Nos premiers efforts ont été relativement rapidement couronnés de succès. Ceci nous a convaincus que l'investissement dans un programme d'amélioration génétique était un choix rentable. Sans perdre ces acquis nous avons par la suite concentré davantage nos efforts sur la productivité en miel. Nous avons ensuite entrepris de développer le comportement hygiénique de nos abeilles pour faire en sorte qu'elles puissent mieux faire face par elles-mêmes à la loque américaine et à d'autres maladies. Notre travail d'amélioration génétique est fait dans la perspective d'un développement durable. Suivant un schéma simple de sélection nous favorisons tout simplement la reproduction des colonies présentant le meilleur équilibre des critères recherchés tout en maintenant la diversité génétique qui constitue à nos yeux la garantie d’être en mesure de pouvoir répondre dans le futur aux besoins d’évolution de notre abeille. Notre approche de la sélection a toujours été globale. Nous ne délaissons pas les acquis pour travailler à l'atteinte de nouveaux objectifs. Le grand nombre de colonies que nous avons en sélection (entre 250 et 400 chaque année) nous place dans une situation unique où nous pouvons travailler simultanément sur un grand nombre de critères. Nous savons qu'en matière de sélection il vaut mieux être patient et travailler en fonction d'obtenir une abeille globalement bonne plutôt que de viser l'amélioration rapide de quelques qualités isolées. Nous recherchons non seulement la performance mais aussi la stabilité. Nous recherchons cette stabilité non seulement d'une génération à l'autre, mais aussi d'une colonie à l'autre. L'homogénéité d'un stock simplifie de beaucoup la tâche de l'apiculteur professionnel. Techniquement, nous maintenons chaque année entre 15 et 20 lignées à l'intérieur de chacune desquelles nous choisissons les meilleures colonies pour l'ensemble des qualités recherchées. Ceci nous permet de maintenir un vaste réservoir génétique et de prévenir le développement de la consanguinité. Nous permettons à la nature de nous suggérer les meilleurs croisements pour les filles de ces reines sélectionnées en laissant libre cours à la compétition de la fécondation naturelle. Finalement, nous faisons subir un test extensif de progéniture aux fondatrices des lignées nouvelles de chaque génération. Les lignées qui performent le mieux tout en démontrant la plus grande stabilité sont choisies pour notre production commerciale de reines. C'est donc dire que dans la très grande majorité des cas les reines que nous vendons sont issues de génitrices dont la descendance a été évaluée pour chacun des critères. Bien que nous soyons heureux de la qualité de notre stock actuel, nous restons éveillés aux nouveaux besoins et nous voyons notre programme de sélection comme étant en constante évolution. Pour les années à venir le développement de la tolérance aux parasitoses devient un objectif important. Nous intensifions nos efforts de sélection en ce sens. Nouveautés du côté du développement de la résistance aux maladies et parasitoses Un projet de recherche visant à jeter les bases d'un travail de sélection en fonction du développement de la résistance à la varroase a été réalisé en 2001 grâce à un soutien du Fonds Végétal du Centre de Référence en Agriculture et en Agroalimentaire (CRAAQ). Ce projet a permis de quantifier le potentiel existant pour le développement de la résistance. La procédure de sélection a pu être testée grâce à l'élevage d'une première génération potentiellement plus résistante. Ce projet a aussi permis de poursuivre le développement du comportement hygiénique entrepris il y a plusieurs années. Consultez le rapport final du projet ou un court résumé (format PDF d'Acrobat). En 2002 un projet de développement de la résistance de l’abeille à la varroase a été amorcé pour faire suite aux travaux préliminaires de 2001 financés par le CRAAQ). Ce projet est a été réalisé pour le compte de la Fédération des apiculteurs du Québec et a fait l’objet d’un financement du CDAQ pour une période initiale de deux années. M. Pierre Giovenazzo de l’université Laval était associé à ce projet. Avant de commencer ce travail de sélection la population de varroa doublait à tous les 12,5 jours dans nos colonies. Cette période a été progressivement rallongé de telle sorte qu'en 2005 elle était de 23,8 jours. Ce niveau de résistance est maintemant suffisant pour éliminer le besoin d'un traitement antivarroa printanier lorsque nos reines sont utilisées dans le cadre d'un programme de lutte intégrée bien conçu et bien appliqué.
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